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Concurrence: l'IA est un potentiel "musée des horreurs", selon l'antitrust français

« L’intelligence artificielle a le potentiel de devenir le musée des horreurs de l’antitrust si on ne fait rien », a déclaré jeudi Benoit Coeuré, le président de l’Autorité de la concurrence, lors d’une table ronde sur la régulation du numérique organisée à Paris.

« Il y a des raisons d’être inquiets. On risque de voir dans ce domaine tout le catalogue des pratiques anticoncurrentielles qu’on a vu dans le numérique également, c’est-à-dire la vente liée, la vente groupée, les obstacles à l’accès aux données, les effets congloméraux et l’auto-préférence. Tout ça peut arriver très vite », a développé le patron du gendarme français de la concurrence depuis janvier 2022.

« On parle beaucoup d’intelligence artificielle entre autorités de la concurrence. (…) Normalement, les innovations de rupture, c’est bon pour la concurrence. Mais là, il y a un risque de capture par des acteurs qui sont déjà très dominants », a-t-il affirmé lors du Forum de l’Alliance Digitale.

« Pour concevoir et déployer des services d’intelligence artificielle, il faut des données et de la puissance de calcul (qui) sont entre les mains d’acteurs dont certains ont une expérience reconnue de comportement anti-concurrentiel », a-t-il poursuivi.

L’Autorité de la concurrence, qui avait rendu durant l’été un avis sur le secteur du cloud, souhaite désormais se plonger dans « la chaine de valeur de l’intelligence artificielle ».

En septembre, elle avait notamment mené une perquisition chez Nvidia à Paris, le géant américain des cartes graphiques qui permettent traditionnellement de jouer à des jeux vidéos, mais sont également essentielles au fonctionnement des algorithmes d’IA.

« Un autre sujet qui intéresse les autorités de la concurrence, ce sont les politiques d’acquisitions. On a vu la participation de Microsoft dans OpenAI (créateur de ChatGPT), de Google et AWS dans Anthropic, ce sont des participations minoritaires, mais la question se pose de savoir le type de contrôle que cela peut donner », a déclaré M. Coeuré.

Enfin, le cloud et l’IA sont des secteurs qui évoluent très vite et qui restent pour le moment hors du périmètre du DMA, un nouveau texte européen qui impose une série de nouvelles obligations à certaines grandes plateformes, sous le contrôle de la Commission européenne, a-t-il observé.

« Est-ce qu’on veut avoir un DMA très adaptable au risque de faire de la mauvaise régulation si on va trop vite ? Ou est-ce qu’on veut continuer à donner un rôle actif à l’antitrust (national), à condition que celui soit lui-même réactif ? C’est une grande discussion qu’on aura avec la prochaine commission pour nos choix stratégiques des prochaines années », a déclaré M. Coeuré.

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