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Potentielle hausse des taux: le discours de Powell fait vaciller la Bourse

La Bourse de Paris est attendue en baisse à l’ouverture ce vendredi 10 novembre, refroidie par les propos du président de la Banque centrale américaine (Fed) qui a assuré le marché de sa détermination à relever « si nécessaire » les taux d’intérêt directeurs. La Bourse de Paris recule de 0,62% dans les premiers échanges. Quant à l’indice vedette CAC 40, il cédait 43,83 points à 7.069,83 points peu après 09h30. Sur la semaine, il est en hausse de 0,32%. Jeudi 9 novembre, il avait terminé en hausse de 1,13% à 7.113,66 points, son plus haut niveau en clôture depuis près d’un mois. Mais après la clôture parisienne, Wall Street a changé de couleur. La Bourse de New York a interrompu sa série de séances positives, les indices concluant dans le rouge entre -0,6% et -1,% après des propos du patron de la Fed, Jerome Powell, indiquant que la banque centrale américaine « n’hésiterait » pas à relever encore ses taux si nécessaire.

La Fed « s’engage à parvenir à une politique monétaire suffisamment restrictive pour ramener l’inflation à 2,0%; nous ne sommes pas certains » que cela soit le cas, a ajouté Jerome Powell. Depuis plus d’une semaine, les marchés ont nettement rebondi après trois mois ternes caressant l’espoir que les hausses de taux directeurs appartenaient au passé. Certains commençaient même à envisager des baisses dans le premier trimestre 2024. Ces propos, ainsi que qu’une une émission de bons à 30 ans par le Trésor américain qui n’a pas rencontré le succès escompté, a poussé les taux d’intérêt aux Etats-Unis à remonter vivement, pesant sur les actions.

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« Une politique monétaire suffisamment restrictive »

Jeudi, le président de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell a averti: « Nous n’hésiterons pas » à relever encore les taux directeurs « si nécessaire » face à la forte inflation aux Etats-Unis. Les taux d’intérêt se trouvent pourtant au plus haut depuis plus de vingt ans, mais cela pourrait ne pas être suffisant dans la lutte contre l’inflation, selon lui. La Fed « s’engage à parvenir à une politique monétaire suffisamment restrictive pour ramener l’inflation à 2,0%; nous ne sommes pas certains » que cela soit le cas actuellement, a déclaré Jerome Powell lors d’une conférence au siège du Fonds monétaire international (FMI) à Washington.

Le 1er novembre, à l’issue de sa dernière réunion monétaire, la Fed avait, pour la seconde fois d’affilée, maintenu ses taux dans leur fourchette de 5,25% à 5,50%. Plusieurs responsables de l’institution monétaire américaine ont, depuis, évoqué la possibilité de devoir encore faire grimper les taux ou, a minima, de les maintenir à ce niveau élevé pendant longtemps. Car l’inflation aux Etats-Unis reste très éloignée de l’objectif de 2,0% sur un an: elle atteignait 3,4% en septembre, selon l’indice PCE, le baromètre favori de la Fed. « L’inflation américaine a diminué au cours de l’année écoulée, mais reste bien supérieure à notre objectif de 2% », a souligné M. Powell. Et, bien que les responsables de la Fed soient « satisfaits de ces progrès », ils estiment « que le chemin reste long pour ramener l’inflation à 2% de manière durable ».

Les hausses de taux de la banque centrale américaine visent à faire ralentir l’activité économique, afin de desserrer la pression sur les prix. Or la croissance du produit intérieur brut (PIB) a plus que doublé au troisième trimestre, à 4,9% en rythme annualisé. Néanmoins, « nous la voyons ralentir dans les prochains trimestres », a signalé Jerome Powell. Mais une croissance qui resterait trop vigoureuse pourrait compromettre les progrès futurs, « ce qui pourrait justifier une réponse de la politique monétaire », c’est-à-dire une hausse des taux, a expliqué le patron de la Fed. « Bien sûr, nous ne voulons pas aller trop loin. Mais nous savons aussi que la plus grande erreur que nous pourrions commettre serait de ne pas parvenir à maîtriser l’inflation », a noté Jerome Powell lors d’une séance de questions-réponses à l’issue de son discours.

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« Le climat est un risque systémique »

Le début de cette séquence d’échange a été perturbé par des manifestants du groupe Climate Defiance. « Le climat est un risque systémique », ont-ils scandé pendant plusieurs minutes, appelant aussi à mettre fin au financement des énergies fossiles, a constaté un journaliste de l’AFP. Ils avaient déjà manifesté lors d’un autre discours du président de la Fed, le 19 octobre à New York. « La tentation de s’aventurer dans de nouvelles questions passionnantes qui relèvent du gouvernement élu est forte et il faut y résister », a indirectement commenté Jerome Powell.

La Fed, souvent pointée du doigt pour un manque de volontarisme sur le volet climatique, a publié le 24 octobre une série de recommandations visant à aider les grandes banques à naviguer parmi les risques climatiques. « Les banques doivent comprendre et gérer de manière appropriée leurs risques importants, y compris financiers, liés au changement climatique », avait alors estimé Jerome Powell. Et la Fed avait rappelé qu’il ne lui appartenait pas de décider quels secteurs devaient être soutenus ou non. Elle « n’est pas et ne sera pas un +décideur climatique+ », avait insisté son président.

(Avec AFP)

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