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Philippe Palazzi, un redresseur d'entreprise au défi de Casino

« Redresser l’activité »: après avoir gravi les échelons chez Metro et effectué un court passage chez le géant agroalimentaire Lactalis, Philippe Palazzi, 52 ans, doit prendre la tête de l’enseigne de distribution Casino, qui va mettre à l’épreuve sa réputation de redresseur d’entreprise.

Le défi est de taille. Le dirigeant français, choix privilégié du « consortium » de repreneurs Daniel Kretinsky, Marc Ladreit de Lacharrière et fonds Attestor, devra renverser la vapeur au sein du groupe détenteur des enseignes Casino, Franprix, Monoprix ou Naturalia, qui compte 200.000 salariés dont 50.000 en France.

Lunettes motif écailles et costume bleu foncé, l’actuel patron d’une société de conseil se réjouit déjà auprès de l’AFP de faire face à un tel « challenge » au sein d' »un fleuron de l’industrie française de la grande distribution ».

Pour lui, Casino « n’est pas juste un point de vente où on achète des produits, c’est un endroit où il y a de l’échange, de la vie (…) où on aime bien refaire le monde », explique-t-il.

« Dans le sud de la France, Casino fait vraiment partie de l’enfance et de l’histoire » de chacun, dit cet originaire d’Aix-en-Provence, amateur de longues sorties au supermarché avec ses quatre filles, pouvant durer « jusqu’à deux à trois heures ».

– Gravir les échelons –

Né de parents corses, Philippe Palazzi a débuté très jeune dans la grande distribution, d’abord en tant qu’employé saisonnier puis comme chef de rayon chez Metro dans les années 90. Le groupe allemand est aujourd’hui détenu à 45% par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.

Pendant 25 ans, il gravit un à un les échelons du géant allemand, de Budapest à Dusseldorf, tout en intégrant les écoles de commerce HEC Paris et la London Business School.

« Je pense que ce qui qualifie toute ma carrière chez Metro est que j’ai toujours été envoyé dans des situations où il fallait redresser puis développer l’activité », explique Philippe Palazzi.

C’était un « leader très clair, très direct », se souvient un collaborateur qui n’a pas voulu être identifié et qui a rencontré Philippe Palazzi quand celui-ci dirigeait Metro France et la région Europe du Sud.

Il « prônait la décentralisation », tout en gardant le savoir-faire des entreprises rachetées pour ne pas « polluer avec les idées du siège de Metro », résume la même source.

C’est en Italie, où il est en poste sept ans, que Philippe Palazzi, chargé de revoir toute la stratégie commerciale, « se fait une réputation » au sein du groupe, selon ce même collaborateur.

Il décroche la place de « seul Français » au comité de direction. Et quand il quitte finalement Metro, le président du Conseil de surveillance du groupe Jürgen Steinemann loue dans un communiqué « sa grande énergie » et « son sens de la stratégie ».

– Deux numéros 1 à Lactalis –

Après sa carrière chez Metro, le passage de Philippe Palazzi entre 2020 et 2022 chez le géant mondial du lait et numéro un français de l’agroalimentaire Lactalis a été plus « compliqué », selon un fin connaisseur de cette période.

« Il est arrivé en étant numéro 2, tout en se disant qu’il était numéro 1. Quand il a proposé quelques inflexions stratégiques que le président (Emmanuel Besnier) n’a pas souhaité suivre, il a compris qu’il n’y avait pas la place » pour deux chefs à la fois, décrit cette même source qui a souhaité rester anonyme.

« Il a beaucoup fait évoluer le groupe en un an et demi (…), il a voulu moderniser (Lactalis, NDLR), notamment pour la manière de communiquer », précise-t-elle.

Selon Philippe Palazzi, ce divorce n’a pas abîmé sa « très bonne relation » avec Emmanuel Besnier. Il se réjouit en outre d' »avoir beaucoup appris dans l’agroalimentaire ».

Assez discret dans les médias, il est décrit comme très présent sur le terrain, « avec une vraie capacité à embarquer les équipes », salue l’ancien collaborateur de l’époque Metro.

Une stratégie que Philippe Palazzi veut mettre en oeuvre à la tête de Casino. Il compte déjà se présenter « au premier jour de sa prise de fonction » au siège du groupe à Saint-Etienne pour rencontrer les équipes.

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