mercredi, mai 29L'actualité des entrepreneurs

La grève dans l'automobile aux Etats-Unis fait ralentir l'emploi en octobre

Les créations d’emplois ont ralenti plus qu’attendu en octobre aux Etats-Unis, en raison notamment de la grève historique chez les trois grands constructeurs automobiles américains, et le taux de chômage est en légère hausse, à 3,9%.

En octobre, 150.000 emplois ont été créés, moins que les 175.000 attendus par les analystes, et moitié moins qu’en septembre, a annoncé vendredi le département du Travail.

« L’emploi a reculé dans l’industrie manufacturière en raison de la grève », précise le communiqué.

Les trois grands constructeurs automobiles américains – General Motors, Ford et Stellantis – ont connu une grève inédite de six semaines, qui touche désormais à sa fin, après des accords de principe conclus avec le syndicat UAW.

Les salariés grévistes sur l’ensemble de la période prise en compte ne sont pas comptés comme employés, avait précisé jeudi à l’AFP Gregory Daco, chef économiste pour EY Parthenon.

Ce sont ainsi 33.000 des plus de 45.000 grévistes qui sont venus grossir les chiffres du chômage.

Le taux de chômage a lui augmenté de 0,1 point, pour grimper à 3,9%.

Le président Joe Biden, qui brigue un second mandat à la Maison Blanche, a salué un taux de chômage « inférieur à 4% depuis 21 mois d’affilée, la plus longue période depuis plus de 50 ans ».

– Chômage historiquement bas –

« La croissance de l’emploi reste positive, les salaires ralentissent et le taux de chômage est proche de niveaux historiquement bas », a résumé Rubeela Farooqi, cheffe économiste pour HFE, dans une note.

Mais elle s’attend « à ce que le marché du travail se détende et que l’activité économique ralentisse au fil du temps en réponse à une politique monétaire restrictive » de la part de la banque centrale, la Fed, a-t-elle précisé.

Car le ralentissement du marché de l’emploi va de pair avec celui de l’inflation.

Les Etats-Unis connaissent une importante pénurie de main d’oeuvre depuis plus de deux ans, qui a fait flamber les salaires, contribuant à la hausse des prix.

Pour la combattre, la Fed appuie sur les taux afin de faire ralentir la consommation.

Elle les a cependant laissé inchangés mercredi, comme lors de sa précédente réunion en septembre.

« Le marché du travail reste tendu, mais les conditions de l’offre et de la demande continuent de s’équilibrer », a relevé le président de la Fed, Jerome Powell, mercredi lors d’une conférence de presse.

« La réduction de l’inflation nécessitera probablement (…) un certain assouplissement des conditions du marché du travail », a-t-il averti.

Les chiffres publiés vendredi vont dans ce sens, souligne Lydia Boussour, économiste pour EY, « avec un ralentissement marqué des embauches, un ralentissement de la croissance des salaires, une légère hausse du taux de chômage et une semaine de travail plus courte ».

– Pénuries persistantes –

Les employeurs, néanmoins, rencontrent toujours des difficultés à recruter.

« Si chaque chômeur du pays trouvait un emploi, nous aurions encore environ 3 millions d’emplois disponibles », relevait Stephanie Ferguson, chargée des questions d’emploi à la Chambre de commerce américaine (U.S. Chamber of Commerce), dans une étude publiée mi-octobre.

Ces difficultés inquiètent toujours les entreprises, tant en raison de « l’augmentation des coûts de main-d’œuvre » que des pénuries, a montré l’enquête sur l’activité dans les services publiée vendredi par la fédération professionnelle ISM.

« Les pénuries de main d’oeuvre sont plus persistantes » qu’en 2019, avait également commenté mercredi Nela Richardson, cheffe économiste de la firme de service aux entreprises ADP: lorsqu’un secteur recrute moins, « il est difficile de savoir » si c’est « parce que les entreprises embauchent moins ou parce qu’elles ne trouvent pas de travailleurs ».

Le marché du travail a cependant vu, depuis l’été, un afflux de nouveaux travailleurs, « à la fois du fait de la (hausse de la) participation au marché du travail et de l’immigration », a salué Jerome Powell mercredi, ce qui « explique en partie pourquoi le PIB (produit intérieur brut NDLR) est si élevé ».

La croissance du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a en effet doublé au troisième trimestre, à 4,9% en rythme annualisé.

source

Vous pourriez également aimer ceci :

Face au ralentissement de la croissance, Spotify supprime un emploi sur six

Le numéro mondial des plateformes audio Spotify a annoncé lundi une réduction de ses effectifs d'"environ 17%", soit quelque 1.500 personnes, afin de réduire ses co...

La Bourse de Paris débute la semaine dans le calme

La Bourse de Paris a ouvert en baisse de 0,20% lundi, reprenant son souffle après un mois de novembre de nets gains, en attendant la publication de plusieurs indicateu...

Concurrence: l'IA est un potentiel "musée des horreurs", selon l'antitrust français

"L'intelligence artificielle a le potentiel de devenir le musée des horreurs de l'antitrust si on ne fait rien", a déclaré jeudi Benoit Coeuré, le président de l'A...

Wall Street conclut en ordre dispersé son meilleur mois de l'année

La Bourse de New York a conclu en ordre dispersé jeudi la dernière séance de novembre, le meilleur mois de l'année jusqu'ici pour les indices. L'indice Dow Jones a...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *